Rainbow warrior (introduction)

Demises, lack of air, medical corsets that hurt, sounds of bombs and gunshots, racism... I kept the memory, the misunderstanding, hope, thirst for freedom, feminine strength, the sportsman commitment, the consolation of the ocean, an obsessive curiosity, music to “trans-figure“ emotions, literature to wipe my eyes. From my early years I especially kept painting, creation, the need to rewrite the world.

Refusing « the violence of “cela va de soi“»1 make me look “deeper“, and examine what human nature is, propose dialogues, elements of “reconnection“, share the unspeakable beauty of the ordinary, the charming madness of our presence-parenthesis in the eternity of time, with this humanity nearly involved in a collective suicide. At the studio, I undress my talk, I turn intimate epiphanies in silent cries, I dare the nudity of silence. From melancholy I kept the optimism, I wear the sun in my tears, like a rainbow.

“I LAGGED“ HUMANITY

I study the “post-portrait“ of an “I lagged“ humanity suffering a “knowledge lag“ face to current technological, climatic and societal revolutions, a 2.0 humanity in transit between post-anthropocene, post-humanist periods, and (trans)humanist world fed with IA. Ecopsychology, corporality, matriarchal ideology, intersubjectivity, autonormy, hybridization are the background of researches focused on identity, perception and temporality issues, considered through a sensitive experience (personal and collective) drawn in a “meanwhile“, between memory and present, future and utopia.

My work generates three activation fields. The first “studio“ space, mainly pictorial, is essential: my “painter approach“ (see below) is the basis of my global work even when there is no painting. The second performance space (live acts) allows me to experience a ceremonial context where tension (public, duration) shakes and revitalizes my work premises. The third space, of new materialism, calls an "alterism“ (2) as a prerequisite for new productions.

This ternary approach gives life to sensual objects (works or experiences) that produce stories between a distortion of the real and the appearance of a poetic materiality.

Each series, project, fragment, proposes fields of possible revaluation of the “I“, of a preserved individuation through a strabismus of the gaze: an eye on ourself, an eye on the world.

PICTURAL POSITION
My painting does not apply a program or produce any demonstration arguments. I make it in a primitive approach, not premeditated, that makes signs, surface (s), the analysis intervenes "post-action", attentive reading of impulsive gestures. The notion of boundary (limit) is omnipresent: an oscillation between figuration and abstraction, reality and fantasy, on the one hand, a dilution / dissection of areas of distinction (full-emptiness, interiority-exteriority, superposition-recomposition) on the other hand. Exploiting a plural technique, I use bright, luminous colors and tones acting as vibrational forces between appeasement and excitement, power of softness and intriguing connections. My painting is non-authoritarian, addressed to the "second gaze", the intimate.

1. Quoting Roland Barthes 2. Quoting Elsa Godart


Rainbow warrior (introduction)

Des absences, du manque d’air, des corsets qui font mal, du bruit des bombes et des coups de feu, des racismes...j’ai gardé le souvenir, l’incompréhension, l’espoir, la soif de liberté, la force du féminin, l’engagement du sportif, la consolation de l’Océan, la curiosité obsédante, la musique qui “transe-figure“ les émotions, la littérature qui essuie les yeux. De mes jeunes années j’ai surtout gardé la peinture, la création, la nécessité de réécrire le monde.

Le refus de «la vraie violence du cela-va-de-soi»(1), me fait aller “au creux“, examiner la nature humaine, proposer dialogues, éléments de “reconnexion“, partager l’indicible beauté de l’ordinaire, la charmante folie de notre présence parenthèse dans l’éternité du temps, avec cette humanité qu’on dirait embarquée dans un suicide collectif. À l’atelier, je défroque mes paroles trop habillées de mots, je transforme épiphanies intimes en cris silencieux, j’ose la nudité du mutisme. De la mélancolie j’ai gardé l’optimisme, je porte le soleil dans mes larmes, comme un arc-en-ciel.


“I LAGGED HUMANITY“

J’étudie le “post-portrait“ d’une humanité “I lagged“, en “décalage cognitif“ face aux révolutions technologiques, climatiques et sociétales, une humanité 2.0 en transit entre monde post-anthropocène, post-humaniste, et monde (trans)humaniste perfusé d’IA. Écopsychologie, corporéité, idéologie matriarcale, intersubjectivité, autonormie, hybridation constituent l’arrière-plan de recherches concentrées sur les notions d’identité, de perception et de temporalité, travaillées à partir d’un vécu sensible (personnel ou collectif) puisé dans un “entre temps“, entre mémoire et présent, entre futur et utopie.

Mon travail génère trois champs d’activation. Le premier espace “d’atelier“, majoritairement pictural, est primordial : ma “position picturale“ (voir plus bas) est le fondement de ma démarche globale même quand la peinture n’est pas impliquée. Le deuxième espace de performance (live acts) me permet d’expérimenter un contexte cérémoniel où la tension (public, durée) bouscule et revitalise mes postulats de travail. Le troisième espace, dit de nouveau matérialisme, convoque un “altérisme“(2) comme un préalable à de nouvelles productions.

Cette approche ternaire donne vie à des objets (œuvres ou expériences) sensuels qui produisent des histoires entre distorsion du réel et apparition de matérialité poétique.

Chaque série, projet, fragment, propose des espaces de réévaluation possible du “je“, d’une individuation préservée par le strabisme du regard : un œil sur soi, un œil sur le monde.

POSITION PICTURALE
Ma peinture n'applique pas de programme, ni ne produit d'arguments de démonstration. Je l'aborde dans une approche primitive, non préméditée, qui fait signe, surface(s), l’analyse intervient “post-action“, lecture attentive de gestes impulsifs. La notion de frontière (limite) y est omniprésente: une oscillation entre figuration et abstraction, réalité et fantasme, d’une part, une dilution/dissection de zones de distinction (plein-vide, intériorité-extériorité, superposition-recomposition) d’autre part. Exploitant une technique plurielle, j'utilise des couleurs et tonalités franches, lumineuses, qui agissent comme forces de vibration entre apaisement et excitation, puissance de la douceur et rapports intrigants. Ma peinture est non-autoritaire, elle s'adresse au “deuxième regard“, à l’intime.

1. Citant Roland Barthes 2. Citant Elsa Godart